A. Des inégalités sociales creusées par des prix élevés

Le LPPR est un dossier présentant tous les modèles de prothèse pris en charge dont le prix est fixé par le Sécurité Sociale. Ces prix étant fixés par l'Etat, les amputés peuvent donc  choisir n'importe quel prothésiste privé, souvent le plus proche de leur domicile.

Les prothèses des membres inférieurs sont remboursées en totalité par la Sécurité Sociale :

  • les pieds (des malléoles aux orteils) à hauteur de 200 euros,
  • les jambes avec pieds (du genou aux orteils) à hauteur de 400 euros,
  • les jambes sans pied (du genou au talon) à hauteur de 300 euros,
  • les membres inférieurs avec pieds (du trochanter aux orteils) à hauteur de 490 euros,
  • les membres inférieurs sans pied (du trochanter au talon) à hauteur de 400 euros.

Cependant, les prix varient fortement en fonction des patients : les prothèses sont individuelles et donc uniques pour chaque patient. Par exemple, une prothèse pour une fillette de cinq ans ne coûtera pas le même prix qu'une prothèse pour un homme mesurant 1m80 ... mais ces prothèses seront toujours prises en charge par la Sécurité Sociale.

De plus, il existe deux types de prothèses : les prothèses endosquelettiques et les prothèses exosquelettiques. C’est une notion importante à connaître car ces deux types de prothèses sont prescrites régulièrement, et leurs indications ne sont pas les mêmes, ni leur tarif de remboursement. 

Certains patients, qui travaillaient avant leur amputation, doivent posséder des prothèses particulières pour pratiquer leurs activités. Lors de notre visite à Protéor, un prothésiste privé, Mme Permentiers, une applicatrice qui s'occupe de  "fabriquer", d'adapter une prothèse pour un patient, nous a cité un exemple marquant, une ostréicultrice de trente-cinq ans a réussi à reprendre son activité malgré une amputation fémorale de la jambe droite grâce à des prothèses résistantes à l'eau, aux chocs et assez légère. Ce type de prothèse "améliorée" n'est pas entièrement pris en charge par la Sécurité Sociale ce qui peut empêcher la réinsertion professionnelle de certains amputés n'ayant pas les moyens.

Enfin, les prothèses uniquement sportives, les prothèses bioniques et les prothèses possédant des microprocesseurs ne sont pas du tout prises en charge par la Sécurité Sociale, ce qui engendre de fortes inégalités entre les amputés qui n'ont souvent pas les moyens de se payer le meilleur de la technologie. Par exemple, les prothèses d'Oscar Pistorius, les "Cheetah" de l'entreprise leader dans le domaine des prothèses des membres inférieurs à l'échelle mondiale Ossur, sont des lames de carbone uniquement destinées au sprint en compétition et coûte plus de 20 000 euros. Ces prix sont d'autant plus élevés que les prothésistes privés ne font leur marge que sur ces prothèses non prises en charge par la Sécurité Sociale. Une prothèse possédant des microprocesseurs coûtent de 20 000 euros à plus de 35 000 euros pour des modèles plus sophistiqués alors qu'une prothèse fémorale classique coûte entre 2 000 et 4 000 euros.

En conclusion, les différents modèles de prothèse de base sont entièrement remboursées par la Sécurité Sociale, mais l'amélioration de ces prothèses pour être apte à pratiquer des activités professionnelles ou des activités sportives n'est absolument pas prise en compte par l'Etat, ce qui est à l'origine d'inégalités sociales.

Ces inégalités sociales face à l’handicap peuvent entrainer un rejet de la société. Nous verrons donc quel est le regard du monde sur les handicapés moteurs.

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