B. Quelle équité entre les athlètes handisport et les athlètes valides ?

La participation aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 d'Oscar Pistorius a suscité un réel débat autour de l'équité entre les athlètes valides et non-valides. Le premier refus en 2008 pour la participation aux Jeux Olympiques de Pékin à cause d'un manque d'informations avait beaucoup déçu la communauté handisport.

 En effet, avec ses lames de carbone, Oscar Pistorius peut réaliser les mêmes performances qu'un sprinter valide en fournissant une dépense énergétique 25% inférieure à celle d'un valide. Ainsi, afin de mieux juger de l'équité entre les athlètes valides et non-valides, les organisateurs des Jeux Olympiques de Londres ont décidé dès 2010 de mener une large enquête pour déterminer si Oscar Pistorius sera autorisé ou non à courir avec les valides, et pour vérifier s'il ne violait pas la règle 144.2 de l'IAAF (International Association of Athletics Federations) :

 Règle 144.2 : "Elle interdit l'utilisation de tout dispositif technique incluant des ressorts, des rouages, ou tout autre élément qui confère un avantage à un athlète par rapport à celui qui n'en n'utilise pas."

Pour cela, une équipe d'une dizaine de scientifiques a analysé la course et le mouvement des jambes / prothèses de sprinters sur 400 mètres à l'aide de seize caméras à grande vitesse. Egalement, à l'aide de "masques k4", les scientifiques ont observé les VO2 max des athlètes valides et non valides comparés, le VO2 max correspondant au volume de dioxygène maximum que l'athlète peut consommer par unité de temps et de masse lors de l'effort, ici le sprint. Puis les athlètes sont passés dans un scanner 3D pour mesurer leur masse corporelle et prendre toutes les mesures anthropométriques (ensemble des techniques de mensuration du corps humain). A l'issue de cette série de tests multiples, les organisateurs avaient en leur possession suffisamment d'informations sur le potentiel des athlètes valides et non-valides à réaliser des performances.

Pour s'assurer de l'équité entre Oscar Pistorius et les autres concurrents valides, les prothèses ont dû être de la même façon étudiées, et en particulier deux éléments. D'abord, ce type de prothèse à restitution d'énergie était susceptible de restituer une plus grande quantité d'énergie que celle restituée par les muscles d'un sprinter valide. Les lames en carbone d'Oscar Pistorius, par un effet de ressort, restituent effectivement plus d'énergie qu'une jambe (90% contre 60% pour un membre normal). Mais cet avantage est largement compensé par le fait qu'une prothèse, contrairement aux jambes d'un athlète valide, ne possède pas de muscle et ne produit donc pas d'énergie, le mouvement étant la conséquence de l'action des muscles qui se situent au-dessus de la prothèse. De plus, une prothèse plus longue qu'un membre inférieur normal constituerait un avantage incontestable. Pour éviter tout avantage pour Oscar Pistorius, la longueur de ses prothèses a été limitée à la longueur moyenne des membres inférieurs des coureurs valides du 200 et du 400 mètres.

Après la vérification de tous ces paramètres, les autorités britanniques et olympiques ont finalement autorisé la participation d'Oscar Pistorius, qui s'est par la suite brillamment qualifié pour la demi-finale du 400 mètres.

Cependant, de nombreux scientifiques affirment que les prothèses d'Oscar Pistorius lui confèrent un vrai avantage comme le dit le spécialiste des sciences du sport sud-africain Ross Tucker : "aujourd'hui, il y a suffisamment de preuves scientifiques démontrant l'avantage significatif dont bénéficie Pistorius". Selon le professeur, les lames en forme de pattes de félin de Pistorius, plus légères, lui permettent de moins se fatiguer et de restituer à chaque foulée davantage d'énergie que des jambes d'êtres humains.

Peut-on considérer qu'Oscar Pistorius, surnommé le "blade runner" (le coureur aux lames), possède réellement un avantage par rapport aux athlètes valides grâce à ses prothèses, lui qui est pourtant handicapé ? Rien n'est moins sûr.

Les experts ont décidé d’accepter la participation d’Oscar Pistorius aux Jeux Olympiques de Londres. Nous nous intéresserons un peu plus dans la prochaine partie à l’athlète amputé Oscar Pistorius.

Oscar Pistorius vs adversaires

Oscar Pistorius et ses adversaires aux JO 2012

Commentaires (2)

1. Harry Golo (site web) 18/10/2013

lol

2. Paroule Lucien (site web) 18/10/2013

Super !

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