C. Quelle valeur ces prothèses ont-elles par rapport à de vraies jambes ?

Le mercredi 12 décembre 2012, nous sommes allés au centre de  la Tour de Gassies pour rencontrer le Docteur Klotz, médecin responsable du Pôle de rééducation, d'appareillage et de réadaptation des patients amputés. Cette entrevue nous a permis d'étendre nos connaissances sur les amputés des membres inférieurs.

Le premier problème auquel sont confrontés les patients est réapprendre à marcher. En général, les amputés sont âgés (âge moyen des amputés : 69 ans et 7 mois), la plupart du temps à cause de l'artérite, de diabète, … Ils possèdent donc une forme physique limitée et ne se sentent souvent pas dans l'obligation de remarcher. Or marcher avec une prothèse demande un effort supplémentaire et une force psychologique importante. Par conséquent, il arrive très souvent que les amputés ne réussissent pas à remarcher et restent en fauteuil roulant ou gardent des béquilles ou un déambulateur.

Pour les jeunes patients, victimes de traumatismes (accidents de la voie publique, accidents du travail, chutes), la principale préoccupation est de retrouver la marche. En bonne forme physique, ils peuvent réussir à remarcher deux semaines après l'appareillage pour les plus motivés. En général, la marche avec une prothèse est réacquise au bout d'un mois. Ce temps d'adaptation est souvent mal vécu par les amputés.

Les prothèses, à la différence des jambes, ne possèdent pas de muscles. Pour compenser ce déficit, des chercheurs ont mis au point des prothèses à restitution d'énergie.

Contrairement à de vraies jambes, les prothèses sont constituées de matériaux qui peuvent être à l’origine d’irritations, d’allergies au niveau du moignon qui est très sensible. Dans certains cas, le patient peut même rejeter la prothèse à cause d’un problème de biocompatibilité : certains matériaux peuvent se révéler incompatibles car ils n’induisent pas, comme le titane, d’ostéointégration, autrement-dit d'intégration avec l’organisme concerné.

L’emboîture doit  être la plus confortable possible étant donné que c’est elle qui reçoit le moignon, dont le volume peut fluctuer et entraîner des contusions, une mauvaise circulation du sang, etc.

Il existe différents types de prothèses qui correspondent aux différentes activités exercées par l’individu. Ainsi, un handicapé est obligé de changer de prothèse en fonction de ce qu’il veut faire dans la journée, ce qui prend du temps et est  gênant par rapport à des individus valides.

De plus, les patients doivent suivre quelques règles simples mais contraignantes au quotidien :

-       pour éviter que le moignon enfle dans la journée, il est impératif de mettre en place une contention lorsque l'individu ne porte pas sa prothèse ;

-       pour éviter l'enraidissement des articulations et pour faciliter la circulation du sang, l'individu doit adopter une position assise en allongeant son moignon, ce qui constitue une vraie frustration pour certaines personnes très actives, qui aiment bouger et changer de position souvent ;

-       le manchon, qui est directement en contact avec la jambe, doit être lavé tous les jours et la prothèse nécessite un entretien régulier et particulier (pas de lavage en machine, pas de séchage agressif, ...) ;

-       l'amaigrissement du moignon est un phénomène fréquent qui va entraîner une désadaptation de la prothèse, l'individu doit donc consulter un prothésiste pour réadapter ou changer la prothèse, sans quoi le patient peut subir des douleurs et des rougeurs ;

-       le port de prothèse entraîne aussi des contraintes vestimentaires (chaussure,pantalon, ...) non négligeables.

Les amputés sont donc confrontés à des problèmes que ne connaissent pas les personnes valides.

Enfin, chez un amputé, le message nerveux  émis à la suite du repérage d’un écart du niveau du sol par exemple, mettra beaucoup plus de temps à rejoindre le cerveau du fait  qu’il n’apparaîtra qu’au niveau du genou par rapport à une personne valide. Le risque de chute est donc beaucoup plus important pour un handicapé.

La prothèse est donc un moyen efficace pour remplacer mécaniquement un membre mais ne permet pas des conditions de marche réelles.

Comme nous l’avons vu tout au long de notre I. L’impact des prothèses sur la vie quotidienne des handicapés, la prothèse utilisée au quotidien conditionne les activités de l’individu. Nous pouvons nous demander quelles sont les prothèses utilisées dans l’handisport, quels matériaux les composent et si elles ne confèrent pas un avantage aux athlètes non valides, comme Oscar Pistorius.

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